
L’écosystème du paiement vit une mutation sans précédent. Simple étape technique reléguée en fin de parcours d’achat, le paiement est devenu un pivot central de la stratégie commerciale des retailers. Le paiement fractionné gagne toutes les catégories de la population. Par Jean-Bernard Gallois
La France est devenue un des grands pays de la carte bancaire. Sous l’impulsion de la première stratégie nationale des paiements de 2014, tout a été mis en œuvre pour favoriser ce support. L’objectif initial était clair : faciliter le paiement par carte dès le premier euro, démocratiser le geste du « sans contact » et réduire la part des paiements en espèces. Un pari largement gagné et aidé par le catalyseur inattendu de la crise du Covid 19. En l’espace de quelques années, nous sommes passés d’un équilibre monétique 60 %-40 % en faveur des espèces à un ratio massif de 80 %-20 % en faveur de la carte bancaire. Les espèces, autrefois reines, sont reléguées au second plan, bien que toujours nécessaires pour l’inclusion financière. « Il s’agit toujours du deuxième mode de paiement le plus utilisé qui représente encore entre 10 et 15 % du chiffre d’affaires des enseignes », souligne Charlotte Pagot, secrétaire générale de Mercatel. Le paiement mobile, quant à lui, connaît une progression fulgurante. S’il ne représentait qu’une part marginale il y a cinq ans, il pèse aujourd’hui 15 % des paiements par carte en magasin. Ce succès s’explique par la levée des freins psychologiques et techniques : là où la carte physique est souvent limitée au plafond des 50 euros pour le sans contact, le mobile permet d’authentifier des transactions bien supérieures (jusqu’à 100 euros et plus) grâce à la biométrie. Là aussi, la digitalisation atteindra un sommet car 15 % des Français n’ont pas de smartphone ou ne sont pas très enclins à suivre le processus digital.
Risque de monoculture de la carte bancaire Cependant, cette suprématie peut inquiéter les observateurs comme Charlotte Pagot. Cette dépendance quasi exclusive à la carte pose un problème de résilience en cas d’interruption de service d’un des acteurs de la chaîne. « Le jour où il y a un dysfonctionnement, cela pose problème. Nous avons accompli la mission de la stratégie nationale mais pas suffisamment envisagé le critère de résilience nécessaire », souligne-t-elle. L’incident majeur survenu fin août dernier sur un émetteur de cartes, mais aussi





